Les incendies qui ravagent le sud-ouest de la France et le centre de l'Espagne prennent une ampleur exceptionnelle. Plus de 200 000 personnes ont été évacuées, des milliers d'hectares sont partis en fumée, tandis que des renforts nationaux et européens sont mobilisés pour venir à bout des flammes.
 

Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées, vendredi 24 juillet, en France et en Espagne avec des habitants fuyant l'avancée des flammes sur la très touristique presqu'île française du Cap-Ferret et des incendies hors de contrôle près de Madrid. 

En France, au moins 141 000 évacuations ont eu lieu depuis mercredi soir à cause des feux qui ravagent le Sud-Ouest de la France, avec 110 000 personnes évacuées en Gironde et 31 000 dans les Landes, selon le ministère de l'Intérieur.

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Emmanuel Macron a demandé, vendredi, aux Armées "de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile" face aux violents incendies dans le Sud-Ouest, selon son entourage, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit dans la soirée une cellule interministérielle de crise sur les feux de forêt qui frappent le territoire. 

L'incendie qui sévit en Gironde depuis mercredi a pris "une ampleur inédite" et se dirige vers la métropole bordelaise, a annoncé, vendredi, la préfète du département, anticipant de nouvelles évacuations pour plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Des panaches de fumée s'élevant des feux de forêt au sud-est de de Lacanau-Océan, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. © Jan Athmann, dpa via Reuters

"Dans chacune des communes concernées par la trajectoire du feu, chaque résident, soit habitant habituel ou résident temporaire, recevra sur son téléphone portable une alerte de notre part (...) lui donnant le top départ", a déclaré Sophie Brocas, en citant notamment la ville de Saint-Médard-en-Jalles (33 000 habitants) au nord-ouest de Bordeaux.

Le feu, qui a débuté au nord du bassin d'Arcachon, a détruit 19 000 hectares et 100 bâtiments en trois jours, selon la préfecture.

L'incendie de Madrid "impossible à éteindre" 

En Espagne, 63 000 personnes ont été évacuées ou doivent se confiner dans la région de Madrid, a annoncé, vendredi soir, le ministère de l'Intérieur après avoir ordonné le départ de 5 000 vacanciers du camping d'El Escorial, au nord-ouest de la capitale espagnole.

Et la situation pourrait encore s'aggraver alors que plusieurs incendies font rage dans les environs de Madrid et continuent de progresser, notamment vers le nord-ouest, laissant craindre que le feu actif dans le sud-ouest de la région de Madrid rejoigne l'autre foyer actif, celui d'Avila en Castille-et-León, et qu'ils ne fassent plus qu'un.

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Le préfet Carlos Novillo a jugé, lors d'un point de presse au poste de commandement des opérations d'extinction, "impossible" d'éteindre le feu de la région de Madrid.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, se déplacera samedi matin au centre de coordination des secours de l'important incendie qui a déjà ravagé 6 000 hectares dans la région de Madrid, a annoncé vendredi soir son cabinet.

Dans les deux pays, ces incendies sont la conséquence de forêts et végétations rendues plus inflammables par la sécheresse et les vagues de chaleur exceptionnelles qui se sont succédées depuis juin en Europe de l'Ouest.

La presqu'île française du Cap-Ferret, près de Bordeaux, fait l'objet d'un ordre d'évacuation totale, par la route mais aussi avec une noria de bateaux traversant le bassin d'Arcachon pour évacuer les estivants.

 "Situation dramatique" 

Dans le département des Landes, près de Biscarosse, 18 000 personnes ont été évacuées de la commune balnéaire et 5000 d'un camping voisin. Une des entrées de la ville est déserte, fermée à la circulation et enveloppée dans un brouillard de fumée et une odeur étouffante de brûlé, selon une journaliste de l'AFP. Seuls circulent des camions citernes de pompiers.

La situation est également grave de l'autre côté des Pyrénées, où à ce stade, aucun décès n'a été recensé par les autorités espagnoles.

Comme plusieurs habitants évacués du village d'Aldea del Fresno, Ecologio Cabrera, retraité de 86 ans, reste sous le choc face aux flammes qui sévissent dans cette zone de l'ouest de la région de Madrid : "Si tu ne fuis pas devant lui (le feu) et que tu essaies de lui faire face, il te dévore."

Dans certains quartiers de Madrid, le ciel est obstrué, le soleil peine à percer et cela sent la fumée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un homme a par ailleurs été arrêté vendredi, soupçonné d'être à l'origine de l'incendie d'Ávila, qui sévit dans la région de Castille-et-León, après avoir utilisé un engin agricole, dans une zone où cela était "totalement interdit", a annoncé la Garde civile.

Fumée et flammes s'élèvent alors qu'un incendie de forêt progresse près de Burgohondo, province d'Ávila, le 24 juillet 2026. © Manu Fernandez, AP

Le feu de forêt, considéré comme le plus important de l'année en Espagne, brûle depuis le 16 juillet dans cette zone aride et très peu peuplée de Castille-La-Manche.

Renforts aériens européens

Quelques heures après la France, l'Espagne a annoncé avoir activé le "Mécanisme européen de protection civile" et demandé "quatre moyens aériens de lutte contre les incendies", indiquant que la Grèce avait "accepté la demande, offrant deux avions Canadair".

L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne et trois en France, a indiqué à la mi-journée la Commission européenne.

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La situation est compliquée par la multiplication des foyers situés parfois à de grandes distances ou bien proches mais très actifs.

Au total, près de 130 000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS). En 2025, plus de 393 000 hectares avaient été dévorés par les flammes en Espagne, selon l'EFFIS, ce qui représente le pire bilan de l'histoire récente du pays.

Avec AFP