Après la mobilisation de samedi, des gilets jaunes ont appelé à un "acte II" samedi 24 octobre ainsi que le 31 octobre. La plateforme participative 17octobregiletjaune.net recense d'ores et déjà plusieurs dizaines d'actions. Les syndicats, de leur côté, maintiennent leur appel à une grande mobilisation le 5 novembre.
Après le week-end de forte mobilisation partout en France contre le coût de la vie, émaillé de nombreuses violences et d'affrontements avec les forces de l'ordre, une question se pose déjà pour les autorités comme pour les manifestants : quelle sera la suite de la mobilisation ?
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• Le grand appel du 5 novembre
Depuis plusieurs jours, une intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU, appelle à faire grève et manifester pour les salaires, les services publics, l'emploi et l'industrie le jeudi 5 novembre. L'échéance a été de nouveau confirmée dimanche soir par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
"On a eu une journée de manifestation historique avec 800 000 manifestants et manifestantes (550 000 selon les autorités, ndlr) et ce qui est choquant, c'est qu'on ne parle que des dégradations", qu'elle a répété "condamner".
"Ça ne fait que renforcer notre détermination à ce que le 5 novembre soit une immense journée de grèves et de manifestations", a-t-elle conclu au sujet de cette mobilisation, notamment sur les salaires, lancée par une intersyndicale CFDT-CGT-FO-Unsa-FSU.
• Plusieurs dizaines d'actions déjà prévues le 24 octobre
Mais la mobilisation ne va pas se calmer d'ici là. Dès la matinée du lundi 19 octobre, une coordination de gilets jaunes, qui a déjà participé à la mobilisation de samedi, a annoncé un "acte II" avec de nouvelles actions samedi 24 octobre ainsi que pour le 31 octobre.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d'actions programmées.
Dimanche soir, "ce qu'on disait c'est qu'on essayait de se donner le temps et de construire (la mobilisation pour) le 5 novembre", "mais il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un Acte II", a expliqué à l'AFP Benjamin Ball, éditeur de ce site.
"Nous, on va suivre cette poussée, évidemment. On garde l'élan pour le 5 novembre mais on va construire par étapes, c'est-à-dire qu'il y aura un 24, un 31, et après, un 5 novembre", a-t-il ajouté.
Dimanche soir, après l'allocution du chef de l'État à la télévision, cette même coordination de gilets jaunes avait dénoncé un "discours vide" d'Emmanuel Macron et demandé à être reçue à l'Élysée avec des représentantes de divers secteurs mobilisés.
Samedi, "il s'est passé ce qu'on croyait qu'il allait se passer le 10 septembre 2025 (lors du mouvement Bloquons tout, lancé sur les réseaux sociaux, NDLR). Le 17, il y a eu une énorme poussée, mais elle n'a pas encore été suffisante", a estimé Benjamin Ball.
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• Les lycéens toujours mobilisés
Des organisations lycéennes et étudiantes appellent également à poursuivre le mouvement. "On ne va pas s'arrêter !", a simplement écrit sur Instagram l'Union étudiante après la mobilisation du 17 octobre. Ce lundi, l'accès au Louvre était bloqué par des étudiants mobilisés pour exprimer leur "soutien" au mouvement des lycéens et dénoncer "la répression policière", a appris l'AFP auprès de la direction et de deux syndicats.
La Coordination nationale lycéenne, disant rassembler des porte-paroles de lycées mobilisés dans 27 villes, appelle de son côté "les lycéen·nes à sortir dans la rue le jeudi 22 octobre et le samedi 24 octobre", et appuie "toutes les suites de la mobilisation - blocages, manifestations, occupations", a-t-elle affirmé dans un communiqué.
"La répression relance la lutte, renforce l'unité", a assuré à l'AFP Anton, élève de Terminale à Toulouse et membre de cette coordination.
"Macron on ne l'entend pas du tout sur les causes de la colère sociale", a déploré Coppélia Moreau, membre de l'interfac d'Ile-de-France, affirmant que cette organisation, qui coordonne les comités de mobilisation des universités franciliennes, a voté pour la poursuite de la mobilisation jeudi, avec une possible manifestation à Paris.
• Quelle réponse du gouvernement et des autorités ?
Face aux tensions du week-end, la réponse du gouvernement et des autorités est particulièrement scrutée. Dans son allocution dimanche soir, Emmanuel Macron a prévenu que les préfets prendront dans les prochains jours "des décisions" pour "protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces". Et ce, "y compris en allant jusqu'à interdire, quand il le faut, certains rassemblements et en prenant toute action nécessaire", a-t-il affirmé.
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Sébastien Lecornu a de son côté confirmé lundi avoir demandé aux préfets d'instaurer des couvre-feux "partiels" et "localisés" pour lundi soir. Une carte des couvre-feux devait être communiquée lundi après-midi, après des discussions avec les maires concernés, a précisé le chef du gouvernement.
Le Premier ministre a aussi affirmé qu'un état d'urgence pourrait être instauré "si c'est utile", tout en prévenant qu'il ne s'agit pas d'un "objet politique". L'état d'urgence, "c'est quand même quelque chose qui est lourd, y compris dans sa mise en place. Donc si c'est nécessaire, évidemment que nous pourrions le faire", a-t-il assuré. "À date, la question des couvre-feux, la mise en œuvre de ces couvre-feux, me paraît davantage adaptée à la situation que nous pouvons connaître."