Les États-Unis ont lancé mardi et mercredi de nouvelles frappes contre l'Iran en réponse à une attaque imputée à Téhéran contre un hélicoptère américain la nuit précédente près du détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la révolution iraniens ont ensuite annoncé des frappes contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie.
 

L'armée américaine a mené mardi 9 mercredi 10 juin deux séries de frappes contre l'Iran après qu'un de ses hélicoptères a été abattu près du détroit d'Ormuz, où les médias iraniens ont rapporté des explosions.

"Des frappes d'autodéfense contre l'Iran" ont commencé à 21 h GMT "sur ordre du commandant en chef", a affirmé sur X le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), en référence au président Donald Trump. "La mission est une réponse proportionnée à une agression iranienne injustifiée", a ajouté l'armée.

"La réponse devrait être très forte, très puissante", avait toutefois dit le président américain, selon des propos rapportés par la chaîne américaine ABC.

Selon des médias iraniens, des explosions ont été entendues en plusieurs lieux sur la côte sud de l'Iran, près du stratégique détroit d'Ormuz, toujours bloqué.

Les prix du pétrole repartent à la hausse

Après une courte période de calme, ils ont fait état d'une deuxième série d'attaques dans la même zone, attribuée aux États-Unis. Le média américain Axios a rapporté que les frappes avaient ciblé plusieurs systèmes de défense antiaérienne et des radars autour du détroit d'Ormuz.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont ensuite annoncé des frappes contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, avait assuré sur X mercredi, après la première vague, que l'armée iranienne ne laisserait "aucune attaque ni aucune menace sans réponse".

Le président Trump avait un peu plus tôt accusé les Iraniens d'avoir abattu la veille un hélicoptère militaire américain "de type Apache pendant qu'il survolait le détroit d'Ormuz", dont les deux occupants avaient pu s'éjecter. Il avait promis de "répliquer".

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L'annonce de ces frappes a fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, s'échangeait ainsi pour quelque 89 dollars (environ + 1 %) mercredi avant l'ouverture des marchés asiatiques.

Avant les frappes américaines, le ministre iranien des Affaires étrangères avait semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère. "Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d'être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu'elles partent", avait souligné Abbas Araghchi sur X. "Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues", avait-il poursuivi, plus menaçant.

Au Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés par Israël

Donald Trump avait quant à lui exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Le chef de l'État américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux États-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité. Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, un accord américano-iranien était "sur le point d'être conclu" lorsque les nouveaux combats entre l'Iran et Israël ont éclaté dimanche.

Des personnes sont bloquées dans des embouteillages alors que des habitants de Tyr fuient après l'appel à évacuer d'Israël, le 9 juin 2026. © Mahmoud Zayyat, AFP

L'Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié le Hezbollah et Israël.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne. Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

De la fumée s’élève à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur Tyr, le 9 juin 2026, où les habitants, y compris du quartier chrétien, ont fui. © Kawant Haju, AFP

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien. "Le quartier chrétien est désormais vide à 99 %", a rapporté Walid al-Tawil, du conseil municipal, à l'Agence France-Presse (AFP).

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Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban – qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne. L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.

Avec AFP