Parti d'Andalousie pour rallier Madrid, un train à grande vitesse a déraillé et percuté dimanche près d'Adamuz, dans le sud de l'Espagne, un autre train à grande vitesse, poussant celui-ci hors des rails. Cette collision a provoqué la mort d'au moins 39 personnes et fait plusieurs dizaines de blessés.
 

Un accident ferroviaire dans le sud de l'Espagne dimanche 18 janvier, impliquant deux trains à grande vitesse qui ont déraillé, a fait au moins 39 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon un dernier bilan communiqué lundi matin par le ministère de l'Intérieur.

Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, avait prévenu sur le réseau social X que "le choc a été terrible" et que le bilan risquait de s'alourdir au vue "des informations très alarmantes" sur cet accident.

Le ministre espagnol des Transports Oscar Puente a annoncé, le 18 janvier sur le réseau social X, que "le choc a été terrible". © capture France 24

Selon Oscar Puente, "les derniers wagons d'un train" de la compagnie Iryo parti de Malaga, en Andalousie (sud), pour rallier Madrid, "ont déraillé" près d'Adamuz, à près de 200 km au nord de Malaga, entrant en collision avec un train de la compagnie Renfe qui circulait dans le sens inverse sur une voie adjacente en direction de Huelva.

La violence du choc entre les trains, avec des centaines de passagers à bord, a été telle qu'il a "projeté les deux premiers wagons du train Renfe hors des rails", a poursuivi Oscar Puente, expliquant que "la priorité" pour le moment était "de porter secours aux victimes".

Un bilan amené à s'alourdir

Le précédent bilan de la Garde civile faisait état d'au moins 21 morts, les autorités régionales andalouses évoquant au moins 73 blessés, dont six très graves, et "une nuit [qui s'annonce] très difficile".

"Toutes les personnes blessées nécessitant des soins hospitaliers ont été évacuées", a ajouté Oscar Puente. "On parle de 30 personnes blessées gravement qui ont été transférées dans des hôpitaux."

Le bilan pourrait s'alourdir, car d'après les secours, des passagers se trouvent toujours bloqués dans des wagons.

"La tôle est déformée, avec des gens à l'intérieur", a déclaré Francisco Carmona, chef des pompiers de Cordoue, à la chaîne de télévision publique TVE. "Tout est complètement détruit".

"Nous avons même dû déplacer des corps pour pouvoir accéder à des personnes vivantes", a-t-il ajouté.

Comme "un tremblement de terre"

Les images diffusées à la télévision publique montraient les deux trains entourés d'une foule de personnes et d'ambulances, tandis que les services d'urgence s'efforçaient de venir en aide aux blessés.

"On se croirait dans un film d'horreur", a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta. "Il y a eu un choc très violent à l'arrière et l'impression que tout le train allait se disloquer (...) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre", a-t-il dit.

C'est comme si "un tremblement de terre" avait secoué le wagon, a témoigné un journaliste de la radio publique RNE qui voyageait dans l'un des trains, à la télévision publique TVE.

Les occupants du wagon ont pris les marteaux de secours pour briser les vitres et commencer à sortir du convoi, a-t-il encore raconté.

Selon les médias espagnols, plus de 300 personnes se trouvaient dans le train de Yrio et plus de 100 dans l'autre train, appartenant à la compagnie nationale espagnole Renfe.

"Une nuit de profonde douleur", écrit Pedro Sánchez

"Très préoccupés par le grave accident ferroviaire qui s'est produit dans la province de Cordoue. Nous avons dépêché sur place des services de secours d'urgence et un soutien logistique pour aider en tout ce qui sera nécessaire", a indiqué sur X le président régional d'Andalousie, Juan Manuel Moreno.

De son côté, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a dit "suivre très attentivement l'accident entre deux trains à grande vitesse qui ont déraillé à Adamuz". "Le gouvernement travaille avec les autres autorités compétentes et les services d'urgence pour venir en aide aux passagers", a-t-il poursuivi.

"Aucun mot ne saurait apaiser une telle souffrance, mais je veux que vous sachiez que la Nation toute entière est à vos côtés en ces moments si difficiles", a-t-il écrit sur le réseau social X dans la nuit de dimanche à lundi, évoquant "une nuit de profonde douleur".

Dans la gare madrilène d'Atocha, des "équipes de soutien vont être déployées pour accompagner les familles" des personnes touchées, a annoncé la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso.

De son côté, la famille royale espagnole a dit dans un communiqué sa "grande inquiétude" à la suite de ce "grave accident", "présent(ant) (ses) plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes".

Emmanuel Macron a adressé ses "pensées" aux victimes, évoquant "une tragédie" et promettant le soutien de la France à l'Espagne.

Face à la situation, "le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva (des villes dans le sud de l'Espagne, ndlr) sera interrompu au moins toute la journée du lundi 19 janvier", a, par ailleurs, indiqué sur X le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).

Avec AFP et Reuters