Après l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines et d'un éventuel plan de paix entre les États-Unis et Israël d'un côté, et l'Iran de l'autre, les Iraniens sont partagés entre soulagement, déception, crainte et colère. Deux de nos Observateurs nous ont confié leurs premières impressions, après cinq semaines de conflit.
D’un extrême à l’autre. Alors que Donald Trump menaçait encore de faire "disparaître" une civilisation entière le 7 avril, un accord de cessez-le-feu a été annoncé peu après, le même jour, après cinq semaines de frappes israélo-américaines sur l’Iran, auxquelles Téhéran a répliqué en visant Israël mais aussi des bases américaines dans les pays du Golfe et diverses infrastructures énergétiques.
Le 28 février, une nouvelle guerre a éclaté après qu’Israël et les États-Unis ont lancé des frappes contre l’Iran, tuant plusieurs personnalités militaires de haut rang, des scientifiques et des responsables politiques, dont le Guide suprême iranien, Ali Khamenei.
L'Iran a lancé des attaques à grande échelle contre Israël et les pays arabes abritant des bases militaires américaines, notamment l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, la Jordanie et Oman.
Au-delà des cibles militaires, les deux camps ont également frappé des infrastructures civiles, notamment des installations gazières et pétrolières, des centrales électriques, des usines de traitement des eaux, des usines sidérurgiques et d'aluminium, des routes, des voies ferrées et des ponts, ainsi que des universités, des aéroports, des écoles, des hôtels, des stades et des zones résidentielles - en particulier en Israël.
Videos shared on April 7, 2026 capture strikes on Iran’s petroleum infrastructure on the islands of Lavan and Siri in the Persian Gulf, hours after a ceasefire had been announced.
L’annonce du cessez-le-feu a divisé la société iranienne, y compris parmi ceux qui s’opposent au régime islamique. Lors de la répression brutale du mouvement de contestation en Iran en janvier, Donald Trump avait déclaré aux Iraniens : "L’aide est en route". Au déclenchement de la guerre, le 28 février, il leur disait que "le moment [était] venu de prendre [leur] destin en main"
Dans ce contexte, nombre d’Iraniens espéraient que les frappes américano-israéliennes conduiraient à un changement de régime - et s'opposent aujourd’hui au cessez-le-feu. Mais d’autres le soutiennent - ou du moins un arrêt des frappes contre les infrastructures -, arguant que le risque de destruction totale était trop élevé.
Une photo publiée le 7 avril 2026 montre les dégâts subis par un pont sur la route reliant Mianeh à Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, alors qu'Israël menait des frappes contre des voies ferrées et des ponts à travers le pays.
FRANCE 24